Résumé - Tests ADN récréatifs

Basé sur un article de Clotilde de Gastine, revue En Marche, décembre 2025

Les tests ADN récréatifs, vendus en ligne et légaux en Belgique, permettent de retracer sa généalogie sur environ trois générations de manière fiable, en s’appuyant sur le fait qu’on hérite de 50 % de l’ADN de ses parents et de 20 à 30 % de celui de ses grands-parents. Selon un article de la revue En Marche signé par Clotilde de Gastine en décembre 2025, les personnes qui y recourent sont souvent animées par la curiosité, une quête identitaire, ou le désir de combler le vide laissé par une adoption ou un don de sperme anonyme.

Le principe est simple : si un autre utilisateur a déposé son ADN dans la base de données de la plateforme, le système signale une correspondance, parfois immédiatement, parfois des années plus tard. C’est ce qu’a vécu Rose, un prénom d’emprunt, qui, après le décès de son père, apprend qu’il n’était pas son père biologique. Elle effectue un test sur MyHeritage et reçoit un résultat neuf ans après : une correspondance à 20 % avec une cousine éloignée. Celle-ci, enthousiaste au départ, se heurte à la résistance de sa famille, qui lui demande de ne pas révéler son identité pour préserver l’équilibre familial. Malgré tout, Rose finit par retrouver la personne recherchée, bouleversant l’écosystème familial dans son ensemble.

Ce cas n’est pas isolé. En Occident, environ 2 % des personnes qui effectuent ces tests découvrent que leurs parents ne sont pas leurs parents biologiques, à la suite d’un don de sperme ou d’une relation extraconjugale. D’après une étude du BMC Psychiatry, 61 % d’entre elles vivent bien cette révélation ou y restent neutres, mais les autres traversent des états allant de la tristesse à la colère, et voient leur histoire personnelle profondément remise en question. En Belgique, la pratique est plus répandue en Flandre qu’en Wallonie.

Face à ces enjeux, un généticien de la KUL (université de Louvain) estime qu’il faut une bonne raison pour entreprendre un tel test, et recommande de se faire accompagner si l’on s’engage dans cette démarche. Un seul résultat peut en effet déclencher une réaction en chaîne aux conséquences imprévisibles ( familiales, émotionnelles, voire juridiques ) . Chacun doit donc en mesurer les risques avant de franchir le pas.